Terror flies high
Thursday, April 30th, 2009Voici comment ça se passe, à peu près.
Le commandant de bord vient d’annoncer la descente finale vers Bruxelles. Nous descendons donc. Mais surprise, on passe tout droit et on remonte. Qué? Nouvelle annonce. “Nous devons effectuer quelques vérifications à bord. Merci de votre coopération.” Enter le co-pilote, qui fait lever les gens assis vis-à-vis chacune des ailes. Il scrute chacune d’elle à-travers le hublot. Juste un peu trop longtemps. Puis il repart. Pas même 5 minutes plus tard tombe le verdict, dans l’intercom. À lire d’une voix chevrotante:
Attention, attention. Nous devons effectuer un atterrissage d’urgence dans 10 minutes. Ne paniquez pas. Please remain calm. Veuillez consulter la brochure de sécurité située dans la poche avant de votre siège. Choisissez la position de sécurité qui vous convient le mieux, et protégez votre tête. Éloignez tout objet solide ou pointu de votre visage et vos mains. Identifiez la sortie de secours la plus proche de vous, et préparez-vous à quitter l’appareil immédiatement après l’atterrissage. Ne prenez aucun effet personnel.
Une vague de confusion se répand dans la foule. Les hôtesses sont les premières à confirmer la sinistre nouvelle. “NE VOUS LEVEZ PLUS. QUE TOUT LE MONDE RESTE ASSIS. BOUCLEZ VOTRE CEINTURE COMME IL FAUT.” L’avion effectue une première descente. Mon estomac se noue. Lawrence me regarde d’un air triste. Personne ne sait ce qu’il se passe. Nous frôlons la piste d’atterrissage, mais faux espoir: on remonte immédiatement. L’angoisse se fait à présent sentir chez la plupart des passagers. Certains rigolent nerveusement. Un gars tente de consoler sa blonde, en pleine crise de panique. J’échange quelques mots avec mes amis assis près de moi.
L’incertitude est le pire poison qui puisse déferler sur un appareil aérien, transformant le bête avion en une véritable prison volante. Mes genoux se mettent à trembler incontrôlablement. Puis, même pattern: après avoir amorcé une courte descente, nous remontons de plus belle. Plus personne ne rigole à présent. Le silence total est brisé par un dernier message. Celui-là ne laisse aucune place à l’imagination: c’est quitte ou double. Les hôtesses nous crient tout d’un coup : “BRACE! BRACE! BRACE! POSITIONS D’URGENCE!”. Une marée humaine s’afaisse sur le siège d’en avant, les bras croisés et le visage entre les coudes.
http://www.crash-aerien.net/www/news/article.php?id=12764&check=0
La peur de ma vie.