Archive pour August, 2009

Fantasia 2009: ze bilan

Sunday, August 2nd, 2009

Année très décevante pour moi à Fantasia, mon festival préféré, que je fréquente habituellement autant que je le peux à chaque année. Je ne critique pas ici la programmation du festival, ce sont plutôt mes disponibilités limitées, y compris une absence d’une semaine pour prendre part au Festival du Documenteur en Abitibi-Témiscamingue, qui m’ont obligé à aller voir non pas les films que je voulais voir, mais plutôt ceux que je pouvais voir. J’ai même raté la diffusion de mes propres films en compétition (celui-ci, celui-là, et même celui-là). Triste.

Bref, pour ceux que ça intéresse (Olivier), voici la sélection plutôt faiblarde que j’ai réussi à voir cette année.

1. The Immaculate Conception of Little Dizzle
DIZZLEComédie absurde mettant en scène une bande de concierges “flyés” qui développent une addiction à des biscuits chimiques délicieux qui ont pour effet secondaire de féconder les hommes qui en mangent. Ils accouchent par la suite de….créatures bleues informes. Sympa et rigolo, mais comme beaucoup de films américains du genre, le film essaie un peu trop fort d’être WEIRD à tout prix, et le tout semble factice. Le même film fait au Japon aurait probablement été jusqu’au bout du trip, mais ici j’ai l’impression qu’on n’a qu’effleuré la surface. Mignon, mais j’ai vu un tas de films du genre, et je risque de l’avoir totalement oublié d’ici un an. (6/10)

2. Tokyo OnlyPic 2008
ONLYPICFilm à sketch japonais présentant les multiples épreuves, toutes plus ridicules les unes que les autres, de faux Jeux Olympiques organisés à Tokyo pour faire concurence aux véritables Jeux de Beijing. La majorité des clips utilisent des méthodes d’animation variées, et ceux qui ne le font pas sont tournés en vidéo archi-low-budget. Le genre de film Jap-trash complètement débile que j’adore, le côté hyperactif est enivrant, l’humour absurde est de mise, et on rit très fort. On se serait tout de même passé de quelques-unes des épreuves (notamment le “Samurai-Call”), et des segments de présentation entre chaque sketch. (7/10)

3. The Clone Returns Home
CLONEAprès un accident mortel, un astronaute est cloné afin de poursuivre sa mission. Mais le clone est défectueux, et disparaît dans la nature, à la recherche du lieu de son enfance, et de ses souvenirs fragmentés. Une sorte de film de science-fiction “zen” du même moule que 2001 et Solaris, exécuté dans la réfléxion et la lenteur, et jouissant d’une direction photo magnifique. Oui, c’était bien beau, mais j’ai trouvé ça archi-plate. Le scénario ne fait que “surfer” sur la question de l’éthique derrière le clonage à-travers des concepts abstraits et farfelus (la “résonance” de l’âme), et qui se cache derrière un paquet de scènes oniriques pour camoufler l’histoire, qui ne fait aucun sens. Le film se termine en nous laissant deviner s’il y avait du vrai derrière, ou si tout cela n’était qu’un rêve/métaphore. Chaque scène, chaque ligne, chaque plan, est étiré au maximum, les personnages ont tous des faces d’outre-tombe et parlent à voix basse…bref, je suis rapidement sombré dans l’ennui. Quelques éléments intéressants, mais c’est tout. Pas pour moi. (4/10)

4. Blue Film Woman
BLUEFILMUn film psychédélo-érotique (je viens d’inventer le genre) nous venant tout droit des années 60, au Japon. Le film était bien sûr présenté pour son aspect historique plutôt que sa qualité cinématographique, et il s’agissait d’une pièce d’anthologie fascinante. Imaginez un peu le “Valérie” japonais. Un scénario bête et méchant, un acting terrible, des scènes qui recyclent les mêmes plans sans honte, et surtout, SURTOUT, les PIRES scènes de sexe que je n’ai jamais vu. MON DIEU comme personne n’a de plaisir dans ce film-là. Le “climax” du film arrive lorsque le méchant du film se fait violer…par son fils…handicapé mental. Une célébration du mauvais goût comme ça n’est plus permis aujourd’hui. Bravo, Japon. (10 ou 0, whatever)

5. Lesbian Vampire Killers
LESBIANLe titre dit tout! Un proche cousin de “Shaun of the Dead”, tout aussi british, mais beaucoup, beaucoup plus épais. Et au lieu de zombies, ce sont des vampires…lesbiennes. Complètement crétin, mais très divertissant, j’ai pas mal ri. Faut juste pas chercher de subtilité - “Evil Dead” a l’air d’une thèse de philo à côté de ça. (7/10)

6. The Children
CHILDRENJe suis allé voir ce film d’enfants qui TUENT en espérant que ce soit un peu plus que, justement, un film d’enfants qui TUENT. On nous avait promis un film d’horreur réellement terrifiant et magnifiquement exécuté. On a eu un…film de peur. Genre - BOUH! - t’as peur. D’accord, c’était bien foutu et les acteurs étaient bons, mais le scénario suit un canevas pré-établi qu’on a tellement, TELLEMENT vu souvent…où est l’intérêt de faire et refaire toujours le même film? Encore une fois, le genre de film qui me rentre par un oeil pour me sortir par l’autre. Pas mauvais, juste…tellement moyen. Et la fin est atroce. (4/10)

7. I Sell the Dead
SELLLes péripéties de deux profanateurs de tombeaux qui, quelque part au 18e siècle, vivent de la revente de cadavres, jusqu’au jour où ils tombent sur…des morts-vivants! Mélangeant un look comic-book, un look “Angleterre Victorienne” et un look “bon Dieu, on a vraiment pas une cenne”, le film ressemble à un projet de film étudiant qui aurait visé un peu trop haut. Au lieu de plonger tête première dans l’histoire, le film s’éternise à-travers des scènes de conversation interminables et complètement inintéressantes. Lorsqu’on finit par arriver au gore, on a droit aux PIRES effets spéciaux que j’ai vu depuis longtemps. Du mauvais green-screen, à Kino, ça passe, mais sur grand écran, en festival, I DON’T THINK SO. J’étais gêné d’écouter ce piètre long-métrage emmerdant au possible, cette comédie pas drôle, ce film d’horreur sans horreur. J’ai même scruté mes souliers pendant quelques segments du film. C’est vous dire. (2/10)

8. Genius Party Beyond
GENIUSAccident de parcours - je devais aller voir un autre film, et j’me suis trompé de salle. Oh well, comme j’avais vu, l’an dernier, la première édition de ce programme de courts-métrages d’animation, j’ai décidé de rester. Le concept demeure le même - carte blanche pour tous les participants de ce projet, qui proviennent tous du même studio d’animation au Japon, et qui ont comme seul critère de s’éclater. La première édition comportait 7 volets et s’étirait un peu - la seconde était nettement supérieure, avec 5 volets plus focusés. Les 4 premiers étaient tous bons, en particulier le second, Moondrive, hyperactif et complètement jouissif, et le troisième, Wanwa the Doggy, un peu dur à suivre mais dont le style d’animation rappelait des dessins naïfs d’enfant, animés par un adulte sur l’acide. C’était quelque chose. Dommage pour le volet #5 - le plus long de la gang, évidemment - qui n’était qu’une série de vignettes incompréhensibles qui parlaient de…guerre, de révolution, de bombes…whatever. Le style de dessin était du 100% générique-manga, ça ne menait strictement à rien, et une bonne douzaine de personnes ont quitté la salle. Way to spoil the party, bro. (7/10)

9. Neighbor
NEIGHBOROh. My. God. Je ne sais pas par où commencer. Ce “film” raconte l’histoire d’une femme complètement folle qui s’amuse à se promener de maison en maison, dans son quartier, pour y torturer et tuer ses propriétaires. Pour le plaisir, comme ça. À une certaine époque, mes amis et moi écoutions beaucoup de ces films d’horreur low-budgets straight-to-DVD, et c’est définitivement le chemin qu’aurait dû emprunter ce film pourri. Croyez-moi quand je vous dis que TOUT était mauvais. Le scénario? Une succession de mauvaises blagues, de conversations insignifiantes, de LONGUEURS my God où il ne se passe RIEN, et POUF en plein milieu du film, on vire SANS RAISON dans la non-chronologie, les retours en arrière, les…mondes parallèles? Dur à dire. Le jeu? Pas moyen de dire si les acteurs n’ont jamais eu de talent ou s’ils étaient mal dirigés (je vote pour un fin mélange des deux), mais c’était un peu comme écouter un mauvais exposé oral en secondaire 4. Bâtard, même quand ils devaient souffrir, ils criaient FAUX. La musique? La meilleure musique en canne de corpo à votre disposition. Direction photo? Le film se passe presqu’entièrement en plein jour, tout est toujours éclairé, TROP ÉCLAIRÉ, bout de crisse j’en reviens toujours pas. Il y a des règles de base que n’importe quel film de marde finit par respecter, ne serait-ce qu’instinctivement - mais pas Neighbor. Bon, j’en conviens, les effets gore étaient bien foutus. Mais à-travers tout ce désastre, ils n’en étaient que comiques. Méga-malaise lorsque je me suis aperçu que le réalisateur était là, accompagné d’une partie de l’équipe, dont le producteur ET SES PARENTS. WHAT THE FUCK. Si “I Sell the Dead” m’avait mis en colère, “Neighbor” m’a redonné espoir. Peu importe les mauvais films que je ferai peut-être dans ma vie, je pourrai toujours me dire “au moins, je n’ai pas fait Neighbor”. Neighbor! (1/10)

10. DJ XL5’s Razzle Dazzle Zappin’ Party
XL5Et pour clore ma sélection 2009, le programme maintenant annuel de DJXL5, qui regroupe toutes sortes de très courts films, vidéoclips, expérimentations, clips YouTube…bref, un melting pot de tout et de rien. J’avais vu le programme il y a deux ans, mais celui-ci était vraiment excellent - une superbe sélection de trucs archi-divertissant, drôles, surprenants, montés de façon originale et dynamique. À 2 heures de running time, c’est peut-être un tantinet trop long, et les courts-métrages plus “horreur” de la seconde moitié avait plus ou moins leur place. Mais ce fut ultimement ma meilleure soirée Fantasia de cette année, et j’ai particulièrement adoré Le mariage de Batman (création psychotronique, une mise-en-image d’un vinyle QUÉBÉCOIS des années ‘60 qui raconte une aventure de Batman) et Ninja Eliminator II: Quest For the Magic Ninja Crystal, la dernière création délirante du collectif Roadkill Superstar. (8/10)

J’ai vu pas mal de courts-métrages présentés avant les longs aussi, mais seulement 2 ont retenu mon attention: The Viewer, un essai au scénario un peu chiant, mais qui expérimentait avec la 3D “old-school” (avec des lunettes bleu/rouge!) de façon assez originale, et surtout The Horribly Slow Murderer with the Extremely Inefficient Weapon, qui m’a plus fait rire et diverti que la majorité des projections régulières.

Voilà!